21 Jan 2020

Mieux connue sous son appellation populaire Allah Thérèse, la créatrice d’ « Akôrou Koffié »est une chanteuse traditionnelle ivoirienne originaire du village de Gbofia dans la sous-préfecture de Toumodi, née en 1950.

Avec sa coiffure fort reconnaissable, dénommée "Akôrou Koffié", c'est-à-dire la femme de l'araignée, la vie d'Allah Thérèse se confond intimement avec sa carrière musicale, avec le célèbre accordéoniste N’goran La loi, son époux rencontré quelques années plus tôt.

Dans ses chansons, elle fait voyager les amoureux de sa musique dans l'univers baoulé dans un profond mariage avec l'accordéon de son mari. Les deux tourtereaux ne se quittent plus et écument les scènes musicales pour le grand bonheur des mélomanes. Allah Thérèse et son alter ego étaient de véritables ambassadeurs de la musique traditionnelle baoulé jusqu’au décès de ce dernier le 20 mai 2018 à Konankokorèkro à 10 km de Toumodi.

Elle a été honorée par son pays par une maison qui lui a été offerte par le Président Ouattarra. Véritable source d'inspiration pour la jeune génération, Allah Thérèse a tiré sa révérence le dimanche 20 janvier 2020. Elle ne laisse que ses œuvres musicales derrières elle. En effet, elle n’a pas eu d'enfants. De son vivant elle avait pris positivement sa stérilité, « À partir du moment où j'ai constaté que nous n'arrivions pas à faire d'enfant, j'ai décidé de me consacrer à mon métier. Dans notre culture baoulé, quand quelqu'un n'a pas d'enfant, le jour où la personne décède, au bout d'une semaine, elle est oubliée par tous. J'ai décidé de marquer mon temps avec la chanson », aimait-elle confier.

Allah Thérèse n'a pas conquis la Côte d'Ivoire que par sa voix. Elle a séduit par son style vestimentaire, le pagne traditionnel Baoulé soigneusement noué. Néanmoins, elle laisse un peuple sous le choc et inconsolable.

A Dieu l'artiste.